Je me rends compte que le titre ne correspond pas vraiment à ce que j'écris, mais je ne sais pas comment expliquer ma phobie autrement qu'en racontant ma vie... Et puis ça
permet de ne pas avoir à tout raconter de nouveau sur le forum où je viens de m'inscrire, sur la dépression.
J'ai 24 ans et j'entre en deuxième année de fac. Toujours heureuse. Je m'entends bien avec les autres élèves, je me suis fait une amie, A., qui comme moi écrit, et en gros dans les mêmes
domaines, mais débute encore. Je serai sa marraine de publication, ce sont mes meilleurs souvenirs de l'époque avec les cours de littérature médiévale (un excellent professeur).
Depuis ma première année de fac, j'ai changé de psychiatre car je n'habite plus à Chartres et la psychiatre que je voyais avant (qui me suit depuis quatre ans) n'a pas de consultations le
week-end. Suite à un changement de chambre d'étudiante et de zone RER, je vais chez un nouveau médecin, à Rambouillet. Comme ma vie est maintenant stable, elle décide - avec mon accord - de
cesser le traitement antidépresseur. Ce qui est fait en janvier 2005. Pendant trois mois, je suis stable, sans aucun médicament.
En avril (juste avant Pâques), je tombe brusquement malade, gros maux de ventres, retour chez ma mère, médecin, suspicion d'appendicite, hôpital. Il se révélera que ce n'était qu'une violente
gastro, mais le problème (je dirais la catastrophe) n'est pas là. J'ai été placée dans un service de chirurgie où je ne reçois pas de traitement adapté (à savoir un simple pansement gastrique ;
je ne reçois qu'un peu de paracétamol, largement insuffisant) et aucun régime spécial (pareil, le genre de chose qu'un individu un peu dégourdi appliquerait automatiquement en cas de gastro !).
Résultat, avec des brûlures d'estomac à me plier en deux et à ne pas dormir la nuit, je passe trois jours misérables, le moral tombe en flèche... Comme mon état s'améliore un peu, j'ai la
présence d'esprit le troisième soir de demander à l'infirmière un pansement gastrique, que j'obtiens (mon état n'était plus déclaré chirurgical, mais j'ai apparement été la seule à penser au
traitement basique). La douleur cesse aussitôt et je peux sortir 24 heures plus tard. En cinq jours, j'ai perdu 6 ou 7 kilos... Je garderai pendant plusieurs mois des douleurs
psychosomatiques au ventre, surgissant dès que mon moral baisse un peu.
Mon généraliste à Versailles (il était tellement bien que je l'ai gardé, même si je dois payer 30 euros, trajet compris, pour aller le voir) me remet sous antidépresseurs (je n'ai pas pu voir de
psy à l'hôpital : week-end de Pâques...) et la situation s'améliore lentement. Curieusement, malgré toutes ces aventures et les trois semaines de cours que j'ai ratées, je réussis mes examens du
premier coup ! (et - hum - c'est la seule année où ça se produit)
(Epilogue : l'été suivant, alors que je baby-sitte mes neveux, j'attrape une gastro et je découvre à quoi ça ressemble normalement : deux jours malade, un jour crevée et trois jours à
piaffer avant de reprendre un régime normal).
Devant le défilé de psys (j'en ai vu 3 à Versailles, le contact ne passait pas, plus celle de Rambouillet), je reprends ma psychiatre de Chartres.
La troisième année de fac s'annonce bien, même si plus tendue car c'est celle du diplôme. Mais à Noël, THE catastrophe se réalise : l'antidépresseur que je prenais depuis presque 6 ans cesse
subitement d'agir. Le moral s'effondre, on tente avec ma psy de trouver le successeur sans réussir du premier coup. Je ne passe donc pas les examens du premier semestre, pour raisons
médicales.
Le moral reste très fragile et en avril, je suis épuisée. Mon généraliste tire la sonnette d'alarme, il n'est plus possible de suivre les cours. Il préconise un séjour d'une ou deux semaines en
clinique pour reprendre pied. Ma psy me trouve une place avec seulement une semaine d'attente dans une clinique très récente, près de Rambouillet. J'y passe deux semaines. C'est là que le
diagnostic de phobie sociale est enfin prononcé, j'ai presque 26 ans ! Le moral se stabilise enfin et je peux reprendre les cours aux retour des vacances de Pâques (ça a plus ou moins
coïncidé).
Je coupe à nouveau ici, je ne veux pas vous noyer sous la longueur, c'est déjà assez décourageant comme ça... Il ne reste qu'une partie.