Désolée de ne pas passer plus souvent, j'ai toujours eu de grandes capacités de procrastination.
J'ai eu l'idée de cet article hier, en rangeant entassant des kilos de yaourts dans un frigo. Qui a dit que l'inspiration était le fruit d'un grand travail de rélfexion ?
Je vous ai dit que je suis caissière dans l'épicerie solidaire de l'antenne du Secours Catholique de Chartres. C'est effectivement mon boulot actuel, en attendant de pouvoir être remplacée par
mes collègues et de pouvoir souffler un peu (c'est le genre de boulot où même si on aime ce qu'on fait, et qu'on se sent utile, on fatigue assez vite).
J'explique : pour des raisons d'organisation des stocks trop complexes à expliquer ici, nous devons noter ce que chaque client prend à chaque fois qu'il vient grâce à un programme assez délicat à
manipuler et que j'étais jusqu'à il y a quelques semaines la seule à savoir faire marcher, en dehors de la personne qui l'a conçu. Nous sommes maintenant deux. Mais je n'ai pas eu un jour de
repos depuis plus de trois mois (et trois mois à tolérer la misère humaine sous ses formes variées, ça use) !
Quand je serai libérée de mon poste de caissière, je redeviendrai ce que j'ai été avant l'arrivée de ce fichu programme, à savoir opératrice informatique multifonctions.
Mais en fait, la liste des choses que j'ai eu l'occasion de faire depuis les huit mois que je suis en poste (je signale en passant que ce n'est que tout récemment que j'ai eu le droit d'ajouter
ma fiche au tableau des présences où on signale ses intentions de congés, histoire que les chefs puissent prévoir les remplacements... pour la voiture de fonction, c'est pas gagné) est nettement
plus longue que ça.
J'ai donc eu l'occasion d'être :
- agent d'accueil
- traductrice
- opératrice de saisie
- designer junior
- baby-sitter de complément
- agent de statistiques (le seul truc que je ne referai sous aucun prétexte)
- formatrice à l'informatique
- caissière, bien sûr
- gestionnaire de stock
- amuseuse de galerie
et il se peut que j'en oublie.
Un aspect de ce travail que j'adore, c'est les travaux surprise, genre la livraison de 48 cartons de lait maternisé qui oblige à sortir de la réserve (imaginez une pièce grande comme
une petite chambre, mais toute en longueur, à moitié remplie d'étagères) toutes nos couches (j'ai évalué l'ensemble à 7 mètres cube - oui, ici, on ne compte pas en nombre de paquets ou de kilos,
mais en mètres cube, c'est plus parlant), qu'il a fallu trier ("C'est bon ! Le marqueur tient sur les paquets ! On peut ranger les post-it et le scotch !") et
ranger entasser comme on pouvait.
Ou l'invitation d'anniversaire demandée par l'amie d'une bénévole qui s'y connaît pas mal en informatique mais m'a demandé conseil au cas où je pourrais l'aider... je lui ai fait découvrir
Publisher et nous avons dû passer au bas mot, sur plus d'un mois, une dizaine d'heures à bidouiller cette invitation pour que ça soit bien dans le bon sens, bien centré, bien... et bien sûr, on
faisait ça pendant les heures de boulot, mais c'était le mercredi matin et il y a peu de monde.
Evidemment, je ne ferai pas ce boulot toute ma vie, mais je me demande si un "vrai" travail m'apportera autant de diversité...